Notre vie quotidienne, personnelle et professionnelle, nous amène, que nous le voulions ou non, à poser constamment des choix éthiques. L’éthique est universelle et se réclame de la solidarité humaine. Elle interpelle notre être intérieur et fait appel à nos convictions propres, à notre conscience éclairée. L’éthique mise sur l’idéal humain pouvant même, pour certains, aller jusqu’à l’héroïsme.

Les considérations d’ordre éthique occupent de plus en plus de place dans les organisations, et ce en marge des préoccupations légales ou morales. Très peu d’entre nous, en tant que professionnels, gestionnaires ou intervenants, avons été initiés ou formés aux notions éthiques. Le terme même « éthique » semble, pour plusieurs, être réservé à la science ou à la spiritualité.

Personnellement, l’éthique est essentiellement pratique et réfère à la conscience de l’être intime qui nous anime. Mon éthique personnelle et professionnelle repose sur un réseau de valeurs personnelles qui sont globalement et spécifiquement :

  • ma croyance dans la vie, l’amour et la croissance de l’être;
  • ma croyance dans les personnes, ce qu’elles sont et peuvent être;
  • mon souci constant d’être juste et équitable;
  • le respect de soi et des autres;
  • l’intégrité et la cohérence de la parole et du geste;
  • le dépassement.
Finalement, je suis très fier du code d’éthique que nous avons réussi à définir. Ce sont des mots qui reflètent notre humanité d’intervenant, de professionnel, de gestionnaire. Il reste maintenant à s’en imprégner, à l’utiliser comme baromètre de conduite qui nous permettra, à tous, je l’espère, d’être plus « éthique ».


Jean-Pierre Aumont
Directeur général




Quelques années plus tard, il demeure toujours vrai que plus grande sera l’implication de chacun d’entre nous dans cette démarche éthique, plus petit sera l’écart entre les droits énoncés dans ce document et ceux reconnus dans nos gestes.

En mars 1995, nous venions de réaliser toute une démarche visant l’appropriation par le personnel des Services de réadaptation L’Intégrale des valeurs jugées importantes de consigner dans le code d’éthique de l’organisation. Dans cette foulée, nous recommandions la mise en place d’un comité d’éthique pour assurer la poursuite de la démarche éthique au sein de l’organisation, ce que la direction s’est empressée de faire. Le comité d’éthique des Services de réadaptation L’Intégrale, présidé par le directeur général de l’organisation, est depuis son avènement très actif. Des articles sur des questions d’ordre éthique ont paru dans le journal des Services de réadaptation L’Intégrale, puis des conférences thématiques et des journées d’échanges ont été organisées à l’intention de notre personnel et de nos plus proches collaborateurs sur des sujets préoccupants et portant à réflexion au regard de l’éthique.

Le comité d’éthique, préoccupé d’assurer le plus grand respect de l’éthique dans les interventions auprès des usagers des Services de réadaptation L’Intégrale, a organisé une journée d’échanges en octobre 2000, à l’intention des parents de nos usagers, des ressources de type familial qui les accueillent et des employés de L’Intégrale, pour évaluer avec eux si notre code d’éthique requiert une mise à jour. Au terme de cette réflexion, il ressort que les valeurs contenues dans le code d’éthique sont toujours d’actualité malgré le temps qui s’est écoulé et l’important virage communautaire qui a été réalisé au sein de nos services. Cependant, si nous voulons que tous nos partenaires s’approprient les valeurs contenues dans notre code d’éthique, qu’ils se sentent concernés autant que nos employés et que cela se traduise dans leurs interactions respectives avec les personnes qui nous préoccupent, nous devons ajuster un tant soit peu la sémantique utilisée dans ce document.

Après discussion, les membres du comité d’éthique ont convenu d’ajouter une troisième section au code d’éthique intitulée S’ASSOCIER AVEC… PLAISIR, pour signifier à nos partenaires des organismes publics, des organismes communautaires et de la communauté en général le désir que nous avons de nous associer à eux pour Intervenir avec ART, fournir les services aptes à répondre aux besoins réels des personnes ayant une déficience intellectuelle selon nos missions respectives et réussir la participation sociale de ces dernières au sein de la communauté. Cette section est, comme les deux premières, le fruit d’une consultation, cette fois menée auprès d’un groupe de partenaires. De plus, les membres du comité d’éthique ont convenu de faire partager aux lecteurs les quatre phrases que Mme Diane Girard, conférencière au cours de notre journée de réflexion sur la mise à jour de notre code d’éthique, a laissées à notre réflexion pour évaluer si nous avons agi avec éthique dans une situation donnée.

  • Ai-je agi en cohérence avec la mission de l’organisation ?
  • Aurais-je accepté que l’on agisse avec moi de la sorte ?
  • Serais-je à l’aise que cette manière fasse la manchette des journaux ?
  • Serais-je à l’aise de le raconter à ma mère ?
Si nous pouvons spontanément répondre OUI à chacune de ces quatre questions, il y a de fortes chances que notre conduite ait été conforme aux valeurs véhiculées dans notre code d’éthique.

Si nous trouvons important que Services de réadaptation L’Intégrale amène notre conscience éthique collective à s’élever un peu plus chaque jour, nous devons tous y contribuer. Dans cette optique, nous devons considérer que la conscience éthique individuelle la moins élevée, parmi nous tous, détermine le niveau de conscience éthique collective duquel nous partons.

En ayant toujours le souci que l’évolution de notre conscience éthique collective chemine vers le plus grand respect des personnes, quelles que soient leurs particularités, rappelons-nous que plus grande sera l’implication de chacun des citoyens de notre société dans cette démarche éthique, plus petit sera l’écart entre les droits énoncés dans ce document et ceux reconnus dans nos gestes individuels et collectifs.


Renée Voisard
conseillère à la direction
des services professionnels
et de réadaptation





Le présent document est le fruit d’une consultation élargie, menée sur une période de quatre mois, auprès de groupes représentatifs de l’ensemble des usagers que nous desservons, de leurs représentants et des employés de tous les niveaux de la structure organisationnelle.

En effet, c’est dans le cadre d’une démarche de mobilisation du personnel de l’établissement autour de la question éthique et surtout dans la perspective de l’appropriation par le personnel, TOUT LE PERSONNEL, des valeurs jugées importantes par les usagers que nous avons le devoir de desservir et des valeurs que nous partageons comme employés, que l’élaboration de ce code d’éthique a été réalisée.

Le code d’éthique se veut un document auquel peut se référer chaque usager de nos services et chaque employé de l’établissement, pour se remémorer les valeurs sur lesquelles nous nous sommes entendus dans le cadre de cette démarche de consultation. Il s’avère être un guide précieux pour permettre à chacun des employés de l’établissement de se remettre en question, individuellement, pour son bénéfice personnel, dans les interventions qu’il a à réaliser auprès des usagers, dans les décisions qu’il a à prendre les concernant et dans la gestion des activités qu’il a à mener à quelque niveau qu’il se situe au sein de l’organisation.

Bref, vous comme moi, qui que nous soyons dans l’organisation, quel que soit notre rôle, nous nous devons de faire tout en notre possible pour respecter les valeurs sur lesquelles nous nous sommes entendus, et ce, tant auprès des autres employés, qu’ils soient nos égaux, nos supérieurs ou nos subalternes, qu’auprès des usagers. Il appartient à chacun d’entre nous de mener notre propre démarche éthique en nous positionnant, dans nos interventions quotidiennes auprès des usagers ou des autres employés, par rapport à notre aptitude à respecter les valeurs que nous avons en commun.

Il va sans dire qu’un comité d’éthique, constitué d’un représentant des usagers, des parents ou représentants des usagers, des employés de tous les niveaux de la structure organisationnelle de l’établissement, devrait être mis en place pour assurer la poursuite de la démarche éthique et l’évolution de notre conscience éthique collective, vers le plus grand respect des droits des usagers.

N’oublions pas que plus grande sera l’implication de chacun d’entre nous dans cette démarche éthique, plus petit sera l’écart entre les droits énoncés dans ce document et ceux reconnus dans nos gestes : n’est-ce pas là le but que nous devrions tous viser par cette démarche? Eh bien! oui, parce que c’est elle qui va tous nous faire cheminer vers la qualité totale. Allons-y !


Renée Voisard
conseillère à la direction
des services professionnels
et de réadaptation